Zone de Texte: Zone de Texte: DECLARATION DU MOUVMAN NONM

Sa ki bèl di-y bèl !
Sa ki
lèd di-y lèd !

Sa ki bèl di-y bèl !
Sa ki
lèd di-y lèd !

 

Depuis le mois de décembre 2008, nous avons connu un bouleversement sans
précédent de notre manière de nous considérer, de nous percevoir. Certes, notre situation
réelle, au regard de la montée des prix des produits de première nécessité n’a pas beaucoup changé par rapport à ce qu’elle était avant, mais il y a quelque chose qui a changé en nous.

Jan nou ka vwè NOU !

C’est face à ce regard de nous–mêmes sur nous–mêmes que nous entreprenons de dire:

Eh, oui ! Peuple de Guadeloupe ! C’est beau ce que nous construisons ensemble !

 

Tous les syndicats du pays rassemblés en un seul et unique mouvement de revendication.

Tous les honnêtes gens marchant de concert dans les rues de nos villes afin que
l’échos de leurs voix traversent les cloisons, en résonnant en un seul bouquet dans toutes  les îles de l’archipel et, par delà les océans, ne se répande sur tous les continents.

Tous les mots assemblés, de tous les progressistes, des 48 organisations, portés en une voix, par un porte–parole.

Toutes nos peurs, en un « zing » de temps dépassées, vaincues.

Toute notre force de créer mise à nue, lors des longues négociations, sur le trottoir, dans les rues, sur les estrades, partout où nous avions un brin de souffle.

Enfin, toutes nos souffrances surtout, lâchées sans rancune pour qui que ce soit sur cette terre, débordant les limites inhumaines que la pwofitasyon nous a si longtemps imposées.

En fait, nous étions en prise avec NOUMENM.

Car, nous avons appris, que, le non respect du droit élémentaire des salariés, le mépris de la dignité affiché par un patronat raciste, l’exploitation subie dans les entreprises, avec la complicité de l’Etat, et bien d’autres exactions restées impunies dans notre pays, pouvaient être combattus par la force unie des travailleurs.

Cette expérience collective positive a étendue sa puissance persuasive sur tout le pays, dans toutes les couches de la population. Notre Peuple s’en est trouvé plus fier de lui – même qu’avant cela, plus confiant en lui – même que jusqu’à présent, plus déterminé à mener la lutte pour son émancipation définitive.

Un mouvement de masse, inédit, né de la conjonction entre l’imaginaire de nombreux
militants
anti – capitalistes et anti – colonialistes du péyi Gwadloup, de la volonté de
milliers de travailleurs à
s’élever avec détermination contre les discriminations de toute sorte et enfin, de l’audace de plusieurs dizaines de milliers de Guadeloupéens excédés par les abus d’une minorité de pwofitan.

Un mouvement dont les racines sont profondément amarrées dans la terre de Guadeloupe, territoire forgé par des luttes ancestrales, depuis les temps de l’époque esclavagiste jusqu’aux récents mouvements des derniers salariés agricoles sortis tout droit de la seconde abolition de 1848.

Un mouvement de masse éminemment politique.

Un mouvement, partie d’une vaste secousse mondiale, contre toutes les  formes actuelles de l’exploitation capitaliste, contre tous les nouveaux  habillages du colonialisme.

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