Zone de Texte:

Et voilà que, politisyen tout vwèl ovan, tout pwomès déwò,
répondant au calendrier colonial,
nous demandent de nous courber devant les
urnes colonialistes !

Car, Nou fè mémwa maché é NOU savé !

Nous savons que le 9 octobre 1791, les Libres de Couleur (moun nèg ouben milat, ki paté esklav ankò) de Basse–Terre réclament la citoyenneté. Yo vlé ni menm dwa ki blan ! Ils obtiennent de voter le 20 janvier 1793, kon lé blan afin d’élire les représentants de la colonie.  

Ola bobo la yé ?...       
Yo pa ka mandé dwa pou tout NONM, men pou dé katégori tousèl :  blan é yo menm…

Nèg esklav pa adan !

Koulè a po ka maké kon « loi naturelle » !

Ils vont jusqu’à demander la suppression dans le vocabulaire courant des expressions suivantes : « citoyens de couleur », ou encore, « nouveaux citoyens »… Donc, ils sont parfaitement conscients de défendre les intérêts de leur classe et elle seule. Cette classe sociale née du développement du système esclavagiste se nourrit ainsi de l’illusion effrayante que son existence est « naturelle », qu’elle se doit de pérenniser ses devoirs et droits acquis qu’en accédant aux devoirs et droits du blan.

 

Lagé almannak a Blan-la tonnè di dyé !!!

Sa vision de son devenir social est viciée par la discrimination coloriste. Elle désire un aménagement de la société esclavagiste, à son profit. Elle ne peut en aucun cas représenter, à ce moment là, les intérêts de la population totale, en grande majorité noire.

Les nombreuses brimades et punitions infligées aux officiers de couleur par Lacrosse, après son retour en mai 1801, en Guadeloupe, ouvrent plus largement la plaie sociale. Un petit groupe d’entre eux se rebelle et fonde son action d’alors (octobre 1801), sur un objectif maximum :
l’Indépendance. Il y a lieu de croire que cette stratégie entremêlait dans le combat sur le
terrain, les intérêts de
tous les hommes de couleur : libres avant et après 1794. Mais, leur défaite en mai 1802, le rétablissement de l’esclavage en juillet 1802, et les nouvelles exactions dont seront victimes, en particulier, ceux qui étaient déjà libres avant 1794, feront qu’attiser l’ancienne
revendication politique des Libres de couleur.

 

 

Le paternalisme schoelchériste : une idéologie de secours au service de l’assimilation !

 

En février 1848, la Seconde République française instaure le suffrage universel (supprimé en 1851 puis rétabli en 1871), et en abolissant une deuxième fois l’esclavage en avril (mai 1848 en Guadeloupe), elle offre l’opportunité aux anciens hommes de couleur libres (surtout dans sa composante mulâtre) de se mesurer, politiquement enfin, aux blancs. Ce sera le cas jusque vers les années 1890 – 1900. Une sorte de « joute politique » exclusivement réservée à des « zélu», blan ouben milat. Le bulletin de vote est alors sacralisé par ces catégories sociales qui croient avoir exclu définitivement la majorité noire de la population, de la représentation politique.

Dans le même temps, le pouvoir central, soucieux de préserver un certain équilibre au sein du système colonial, encourage l’intrusion sur la scène électorale des noirs qui sont trop peu nombreux à participer aux élections. L’État colonial sait par ses gouverneurs, notamment, qu’il faut absolument que le tour de magie électorale gagne ceux – ci. Le Schoelchérisme (sé papa Chèlchè ki libéré Nèg !) devint la variante idéologique et politique qui servira d’appât à une plus forte participation des noirs à la vie politicienne.

 

 

L’assimilation comme objectif stratégique : Pour quelle classe sociale ?

La loi du 19 mars 1946, vint confirmer une stratégie politique déjà, fortement développée, un état de fait : l’usage du bulletin de vote, en nous donnant l’illusion de participer aux
décisions publiques
, nous masque la réalité politique, sociale, économique, culturelle et
spirituelle. Les
votants cautionnent la présence coloniale française en Guadeloupe. Sur un plan purement individuel, l’on assiste à une perversion de l’acte fondamental du

Aller au début
Terminer
Aller au débutDébut de la déclaration