Zone de Texte:

Partout dans le monde, les gens du peuple, les petites gens subissent le   
 même scénario méprisant, déshumanisant : conditions de travail de plus en plus robotisées, animalisées ; produits de consommation déminéralisés, déprotéinisés, empoisonnés ; condition de logement dévalorisées, exécrables ;

éducation et formation réduites de plus en plus à la simple reconnaissance de formes, de signes qui rendent surtout les enfants et les jeunes aptes à toujours consommer, des produits, en permanence renouvelés ; loisirs formatés en spectacles de foule bestialisée ; ainsi, chômage, drogue, décrépitude physique et morale, tel est le lot commun des laissés pour compte, du «nègre esclave» qu’a inventé l’Europe moderne..

La Caraïbe a été et reste encore l’espace privilégié de cet ancrage au monde né de
l’expansionnisme bourgeois et capitaliste originaire de l’Europe occidentale
.

La Martinique, la Guyane, colonies françaises, se sont levées afin de réclamer l’amélioration des conditions de vie des masses populaires.

La Guadeloupe en particulier, s’est décidée à faire reculer l’Etat colonialiste français, principal garant de ce système inique d’abus de position dominante.

Partout donc, le même scénario, des revendications similaires :

· Un véritable plan au profit de la formation et de l’embauche des jeunes ;

· La réhabilitation et l’indemnisation de transporteurs dits « clandestins » ;

· Relèvement immédiat de 200 euros sur les salaires les plus faibles ;

· La baisse des prix des produits de première nécessité ;

· Le gel des loyers ;

· La titularisation des contractuels ;

· Le relèvement des allocations pour les personnes handicapées ;

· La protection des terres agricoles et du marché intérieur ;

· La reconnaissance du fait syndical guadeloupéen ;

· La création d’une agence de l’eau… ;

· L’ouverture du dossier de « Mé 67 » ;

· L’usage officiel de la langue guadeloupéenne et la promotion de nos pratiques culturelles ;

· L’annulation des procédures ayant conduit à la liquidation des petites mutuelles…

 

 

 

 

En ce début d’année 2010, mettons à l’honneur tous ceux qui ont laissé leur vie dans les champs de canne de Saint–François en 1910, sur l’habitation Duval en 1925, dans les rues du Moule en 1952, sur la Place de la Victoire et dans les caniveaux de Pointe à Pitre en 1967, proches de nous en 2009, Jacques Bino, et bien d’autres encore, souvent carrément estropiés pour avoir voulu défendre les intérêts de la classe ouvrière.

En ce début d’année 2010, crions, haut et fort, notre fierté d’être devenu des femmes et des hommes, tout simplement des êtres humains, dignes d’avoir surmonté la déchéance qui nous était promise par le système de chosification et d’aliénation implanté dans l’archipel par le capitalisme et l’Etat colonialiste.     

Dans un premier temps, l’Etat et les Collectivités locales ont prétendu être à l’écoute, mais
rapidement ils vont se vautrer dans une attitude méprisante de dilution, faisant la sourde oreille
devant les organisations syndicales désireuses d’obtenir la complète application de l’accord Bino, n’accordant aucune attention soutenue aux 162 points de l’accord du 4 mars.

Malgré tous les pièges tendus, par l’Etat colonial, en particulier, les états généraux organisés en grande pompe, nous avons su protéger notre dignité et garder intact notre détermination à poursuivre notre mobilisation jusqu’à la satisfaction de nos justes revendications.        
Alors, écoutons les aînés :
        

Granmoun di NOU :     Siw vé pa manjé kochonni,

                                        Ou pa kay an nòs a gligli !

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